Atelier Isabelle Linski
mon expérience ...
En 1975, Isabelle Linski est diplômée de l'école d'Ingénieurs de Lullier, dans la filière "Architecture du Paysage", au rang de major de promotion.
1975, ingénieur contractuel des Espaces Verts de Marseille > projets urbains
1979, le ministère de l'intérieur valide le diplôme de Lullier.
1979, nomination au titre d'ingénieur contractuel / ingénieur subdivisionnaire.
1987, création de la SARL "Atelier Isabelle Linski"
2018, acquisition du titre de "Paysagiste concepteur" nouvellement créé.
Ce que mes missions m'ont enseigné …
Le principal de mon activité m'a porté dès les années 1980 à développer des espaces extérieurs lors de projets hôteliers, urbains, "resort" ou village de vacances du type CMed ou Robinson. J'y ai découvert et accompagné l'évolution d'une forme très particulière de traitements des extérieurs. Aménagements de site et mise en paysage sont deux catégories à distinguer. Car si les aménagements d'extérieur se définissent dans la concrétude, le paysage se définit sur une base beaucoup plus vaste et holistique. Leur ligne de démarcation :
l'un gère le comment faire, l'autre le comment voir.
En resort, le résident éphémère, est en situation particulière. Tout lieu d'accueil touristique, quelle que soit le mode de résidence, a créé une culture propre à ces lieux spécifiques. Ni héritiers des parcs urbains, ou privés, ni extension des jardins ruraux, ces espaces que l'on a chargé d'une nature réinterprétée de l'attente préconçues des clients (exotisme, images préconstruite des régions d'accueils jusqu'à la stéréotypie), ont abouti à une culture propre. Ce que j'ai qualifié, dans une conférence du 21 février 2015 devant la FFP (cycle de conférences "Expériences de paysage") de "jardins touristiques".
j'ai pu observer des thèmes de scénarisation identiques en milieux urbains, faits de ces images préconstituées par l'anticipation de la demande des visiteurs, sorte de "produit" constitutif d'une offre rassurante ciblée par la Maîtrise d'Ouvrage, avec le risque, comme ailleurs, de la stéréotypie. Une impatience toute moderne à ne pas comprendre que tout aménagement planté s'assujettit au temps naturel, celui qui prend son temps justement, et cette tendance très récente aux projets "instagrammables", promouvables sur les réseaux, ne font que consolider un conformisme et un formalisme peu subtils conciliables avec l'approche globalisante paysagère.
Ces évolutions contiennent un double risque : celui de la standardisation comme celui de la recherche d'une originalité accrocheuse peut compatibles avec l'usage de la nature domestiquée. Il faut donc renouer avec le temps long exigé par notre intervention, tout en respectant comme essentiels des actes qui garantissent la pérennité d'une intention. Le paysage est fait de ce syncrétisme né d'un site, d'un objet architectural et d'un espace naturel en résonnance : autrement dit, ayant du sens. Il faut donc veiller à la source au respect de ce syncrétisme, à la façon de le provoquer et le gérer, de lui donner vie et durée.
Au contraire de tout ce qui est minéral, du projet architectural qui s'achève avec la fin de ses travaux pour ne plus bouger, le jardin commence sa vie et son évolution à partir du moment où sa réalisation chantier se finit. Il n'es alors que virtualité. D'où la difficulté presque "pédagogique" qu'ont les paysagistes à le faire comprendre … Pour reprendre ce qui est dit ici (cf. page CL Moreau), si l'intention se programme, l'identité s'écrit, le concept se dessine et la concrétude se nourrit du temps, de l'espace que créent les usagers. J'ajouterai quant à moi que l'"intégration paysagère" ne relève pas du domaine restreint de la plantation, mais implique cette totalité du faire et voir, qui demande à être associé à tous les intervenants sur site dès la formulation de l'intention, étape souvent oubliée.
Isabelle Linski
Ce qu'il faut chercher à refaire …
Intention, identité, concepts, concrétude …